Relation Maître/chien.

Une bonne relation entre le maître et le chien.

La notion de dominant et de soumis a été introduite par Piaget. Elle ne concerne que les interactions entre individus d'un même groupe, possédant les mêmes codes, et soumis aux mêmes conditions.

L'exemple type est le groupe des enfants (humains) de classe maternelle:
Dans une classe, certains enfants vont orienter les activités du groupe, et être suivis par les autres avec enthousiasme. Il s'agit des vrais dominants, cela se passe sans heurts, on peut parler de charisme. Mais c'est une observation du groupe constitué: si un nouveau arrive, encore plus charismatique, il peut tout à fait prendre une position dominante, toujours sans heurts. De même si on sépare en plusieurs groupes, en mettant tous les "dominants" ensemble, et tous les "soumis" ensemble, une nouvelle répartition va s'établir, avec "meneurs" et "menés" des deux côtés.

Mais tout cela n'a strictement rien à voir avec l'attitude de tel ou tel enfant avec la maîtresse ou avec ses parents. Un gamin capricieux, colérique, insolent n'est pas un "dominant", c'est généralement un enfant mal élevé ou mal dans sa peau.
Et l'enfant qui tape ses camarades pour obtenir quelque chose n'est pas un dominant, c'est le plus souvent le signe d'un problème, d'un conflit intérieur. Cet enfant ne sait pas établir des relations sociales harmonieuses.

C'est pareil pour les chiens:
Le chien dominant n'est dominant qu'en fonction du ou des chiens avec lesquels il est observé. Il est dominant ou soumis dans un groupe de chiens donné, mais vis a vis des ses maîtres, il est soit perturbé, soit confiant.
Le chien dominant dans un groupe est respecté, sans qu'il y ait agressivité. Et un chien agressif n'est PAS un chien dominant, justement.

Il ne peut y avoir de dominance inter espèces. C'est contraire à la définition même. Les chiens ne prennent en aucun cas les humains pour d'autres chiens, tout comme ils ne se prennent pas pour des humains (sauf problème spécifique d'élevage entre 3 et 6 semaines).
L'histoire du chien qui prend la famille pour une meute canine est un mythe. C'est encore plus navrant de voir que ceux-là mêmes qui disent "mon chien doit m'obéir puisque je suis l'alpha de sa meute" sont les mêmes qui affirment "mon chien doit respecter tous les humains, parce qu'il doit savoir sa place"
Soyons logique, soit il y a meute, mélangeant chiens et humains d'une même famille (alors tous les autres, chiens ou humains, au même titre, sont "hors meute", et doivent être évités ou chassés) soit le chien ne réagit pas du tout comme un loup dans sa meute, ses compétences sociales sont totalement modifiées!
Si vous demandez à votre chien d'avoir un comportement spécial avec l'espèce humaine en général, vous ne pouvez pas en même temps vous adjuger une supériorité de dominance canine.

Après il y a la notion de hiérarchie... là encore, c'est tellement facile de penser, A est le chef qui décide, puis B, puis C etc.   (Surtout quand l'humain décide qu'il a de droit divin la position de A) sauf que ce n'est pas le cas. Il n'y a pas une hiérarchie, mais des hiérarchies imbriquées, celle des mâles, celle des femelles, celle des juvéniles (entre 4-6 mois et 1-3 ans selon les tailles), et les jeux des bébés (jusqu'à 4 à 6 mois). (Où se situe l'humain, dans ce cas?).
Et puis il y a les privilèges, qui marquent la hiérarchie. Sauf qu'il y a des accords sur les privilèges, et on peut tout à fait voir le "dominant dans les jeux" être le "soumis pour la gamelle".

Alors laissons aux humains les vrais mots, un humain peut jouer sur l'autorité, obtenant la confiance du chien en utilisant l'intelligence, ou sur la tyrannie, obtenant l'obéissance par la peur. Mais n'attendons pas du chien qu'il pense en humain, et stop au ridicule de vouloir qu'il voit son maître comme un "super chien".

Texte de la comportementaliste Joëlle Caveriviere.

Partant de ce texte, nous pouvons dire que la hiérarchie de l’humain est différente de la hiérarchie du chien et qu’en aucun cas nous devons chercher à avoir une position hiérarchique supérieure au chien mais nous devons être reconnu par ce dernier comme un élément rassurant, un guide, une sécurité, une personne qui n’apporte pas de contraintes négatives, ou le chien se trouve apaisé à nos côtés. Avoir la confiance de notre chien. 
Le contraire serait d’amener le chien dans une situation de dominant dominé, dans une confrontation du maître et de son chien. Par la même on l’autorise à la contester, puisque c’est le propre du système de la hiérarchie. 
Le chien ne doit cependant pas faire ce qu’il veut dans sa famille d’accueil, nous ne devons pas être à sa merci, nous dicter ses envies, d’être toujours derrière lui, de faire de lui en quelque sorte un chien roi dans la famille, à le servir comme un prince.
Le chien doit avoir dans l’endroit où il vit un lieu sécurisant, un petit chez lui, où rien au monde ne peut lui arriver, où il se sent bien et en sécurité devant les attaques du monde qui l’entoure. 
Le programme NILIF prend ici toute sont importance. Nothing In Life Is Free. Rien Dans la Vie n’Est Gratuit. Apprenez que rien n’est donné gratuitement, sinon comment ferait-il la différence avec la récompense pour un bon comportement ? Décidez toujours du début d’une action et de sa fin.
Ignorez le chien dans les prises de contact d’arrivée s’il n’est pas calme (les contacts après une absence de plus de 20 minutes) tout comme les prises de contact de départ (qui ne font que de l’exciter). 
Dans l’éducation, le dressage du chien, employez le renforcement positif qui vous emmènera bien plus loin dans la complicité avec votre chien que le renforcement négatif. Si vous devez intervenir dans un comportement non désiré du chien, employez tant que possible la punition négative en l’invitant, en le déviant dans un comportement positif. L’application de la punition positive, punition appliquée, est un désastre pour la complicité au risque de ne plus vous reconnaître comme quelqu’un d’agréable et de développer une méfiance à votre égard. 
Tous ces comportements, de tous les jours, ne doivent pas être appliqués pour le restant des jours du chien. Cela s’applique pour un jeune chien, voir pour rectifier la relation entre le maître et le chien. Une fois que la relation de complicité est réalisée, votre comportement avec votre compagnon ne devra plus être calculé.

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"Chez le Chien" Véronique Boland. Hameau de Stoqueu,24. 4920 Aywaille. Sur rendez-vous: 04/384.33.16.